Histoire

Toponymie

Le nom du lieu dispose de plusieurs graphies, selon l’époque, les documents et les auteurs : quenet, queunet ou encore queuneut. Une transcription française du mot breton keuneud qui signifie bois, petit bois ou bois de chauffage. Nous avons donc Pont ar keneud pour Pont de bois.

Moulin à pirouette

Pont ar Queneut n’est pas un moulin à eau traditionnel avec une roue verticale sur le pignon. Peu connu du grand public et moins répandu, Pont ar Quenet est un moulin à pirouette, dont la roue est horizontale. Une goulotte amène l’eau qui vient frapper les cuillères de la pirouette et fait ainsi tourner la meule.

Une histoire de famille.

L’histoire du Moulin de Pont ar Queneut commence à la fin du XVIIIème siècle. Le coffrage en bois de la meule comprend une inscription gravée indiquant 1780.

Le premier tableau récapitulatif des propriétaires en date de 1809, nous indique comme domanier Vve Jeanne Gouanvic et comme propriétaire le Prince d’Aremberg domicilié à Bruxelles. Ce dernier ayant pour receveur M. Billette de Kerouel demeurant à Quimper et lui même propriétaire de Stang bihan.
Ancienne famille du Saint-Empire Germanique, les d’Arenberg avaient plusieurs possessions dans le Sud-Finistère. Beuzec-conq aujourd’hui quartier de Concarneau fut autrefois une paroisse indépendante. On y retrouve le Prince d’Arenberg propriétaire de plusieurs lieux dans divers endroits tels que Ros Bihan, Ros Bras, Kerambaccon, Kerlian, Kersaby, Keroulin, Kerhuel, ou encore Lochrist.

Ma grand-mère, Louise, eût ce moulin en héritage, notre famille y vivant depuis plusieurs générations.

Mon grand-père, Fanch, y fut meunier jusque dans les années 1950. Puis, il dû cesser cette activité car elle ne subvenait plus à leurs besoins. Il partit alors travailler dans une ferme voisine, la ferme de KEROULIN.

Fanch décéda en 1964.

Comme beaucoup de bretons, mon père, Soik, leur fils unique né en 1934, et ma mère Yvonne étaient partis à Paris pour y trouver du travail. Soik étant maçon, lorsqu’ils décidèrent de revenir vivre en Bretagne en 1966, il put construire leur maison. Une partie de celle-ci fut réalisée grâce aux pierres de la porcherie qui se trouvait, à l’époque, au-niveau de la pelouse devant le moulin. La maison dite « maison neuve » est située à 800 mètres au-dessus du moulin, à Kroas Hent Gall.

Louise vint vivre avec eux et ils commencèrent à louer le moulin aux vacanciers.

En 1994, Soik et Yvonne décidèrent de rénover le moulin, la partie habitation et la partie moulin : le Ti Meil.

Autrefois, il y avait deux meules, l’une d’entre elles était en silex pour donner de la farine aux êtres humains, l’autre était en pierre de Normandie. Celle-ci étant friable, laissait des morceaux et la farine ne pouvait donc pas être commercialisée pour les humains. Elle était réservée à l’alimentation animale.

Soik avait détruit la meule en silex dans les années 1960. Ce qu’il regretta par la suite.

Conseillés par l’association des Amis des Moulins, Soik et Yvonne entreprirent de remettre en marche le moulin. Le travail fût colossal mais ils furent récompensés lorsqu’ils purent à nouveau le faire fonctionner. Ce fut l’occasion d’une journée d’inauguration organisée par l’association et relayée par le Télégramme. Il y eut une centaine de visiteurs.

Aujourd’hui, le moulin est toujours en état de marche mais, peu utilisé, il commence à se détériorer.

Dans le bâtiment (Kae press) situé à gauche du moulin en entrant, là où est stockée la réserve de bois, se trouve le pressoir à cidre. Soik et Yvonne y ont fait du cidre jusqu’en 1987, date à laquelle une énorme tempête détruisit tous les pommiers à cidre.

Soik et Yvonne sont décédés en 2011 et 2014 après avoir remis en valeur ce lieu.

Nous essayons maintenant d’entretenir leur ouvrage.